Dimanche 4 octobre 2009
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Le voici, le voilà, tout chaud, tout frais, tout beau: le compte-rendu de mon épopée bruxelloise. Jesse Dee, mon coup de coeur du moment, mon
roots à moi, mon ptit sixties boy adoré, était en live en Belgique une fouè!
C'était jeudi dernier, premier jour du mois d'octobre, à l'AB (Ancienne Belgique).
Le jeune Bostonien était de passage, venu faire écouter sa pure tuerie de Bittersweet Batch.
RDV était pris chez Gaby, à 5 minutes de chez moi, à 10h30. Après
un périlleux réveil à 9h30, un petit dej' clôturé par une digestion monumentale à 10h, il me restait à prendre ma douche, m'habiller, rassembler mes notes, mon dictaphone, mon GPS (car Bruxelles en
auto, c'est la demer!), mes sous et mon maquillage!
(Ben oui, réveil périlleux = nuit agitée = façade dégradée = blush indispensable!)
A la place, à 10h30, je me rends compte que mon dictaphone est en rade, que j'ai épuisé la veille mon dernier bloc de feuilles, que je dois aller chercher des sous, et que mon GPS est à plat.
Après quelques échanges rassurants avec Gaby par SMS, je passe la chercher à 10h45. On va acheter dare dare un dictaphone, elle embarque son Cambridge, et nous voilà parties pour 1h15 de route,
direction la capitale européenne...
(Et belge accessoirement...)
Après avoir garée ma C1 crasseuse dans le quartier diplomatique, histoire de ne pas la retrouver sur 4 blocs, nous prenons deux métros avant d'arriver à la Bourse.
Ca tombe bien, il me fallait justement de l'argent!
(Ah ah ah, je digère un petit clown, excusez-moi. Le quartier de la Bourse, là où se trouve l'AB donc...)
Deux menus Big Mac et deux Euros Deals plus tard, nous allons digérer notre "repas" sur les marches de la dite, Bourse. Derrière nous, deux Jamaïquains fument des
cigarettes bizarres qui ne sentent pas bons. Ils rigolent un peu trop, j'ai du mal à me concentrer. Car nous devons préparer des questions pour notre ITV de Jesse Dee, en anglais, prévue juste
avant la performance du chanteur. Deux heures plus tard, nous voilà parées, mortes de trouille mais parées.
(Car le garçon ne pète pas un mot de français et nous, on n'est pas franchement parfaitement bilingues...)
Jusque 18h, nous installons notre QG dans un chouette café de la Anspachstraat.
Grimbergen, Chimay bleue, vin rouge, l'alcool se boit comme du petit lait, et l'heure de l'interview approche. Elle arrive à 18h30 d'ailleurs. Kevin,
un mec de l'AB me téléphone. Avec un accent à couper au couteau, il me balance.
- "Allison? Ja, ch'est Kevin de l'ABL ichi. Euh, je téléphone toi parche que Jesse Dee, il a un peu des minutes maintenant. Alors, euh, tu chais venir là pour l'interveu?"
- "Oui, bien sûr! Je règle l'addition et j'arrive tout de suite!"
- "Ok, pas problème dis. Tu demandes Kevin à l'entrée hein!"
Et si là, on dit que les flamands ne font pas d'effort, je ne comprends plus rien...
Kevin, alerte et souriant, nous conduit à la loge de Jesse Dee. J'ai les mains moites, j'ai besoin d'être rassurée. Le bon moment choisi par Kev' pour nous dire:
- "Euh, l'achencheur est en panne alors, il faut prendre les echcaliers hein!"
- "Oh, pas grave, ça nous fera du bien!"
(c'est ça oui...)
- "Y'a 4 étach' hein"
- "Ah..."
(tout de suite moins rassurée)
C'est donc essoufflées comme deux buffles, le front humide et le coeur battant qu'on nous présente Jesse Dee. Le jeune gars est propre sur lui (il ne vient pas de
monter 4 étages à pied!), souriant, frais comme un puceau et nous dit:
- "Hi, my name's Jesse. Nice to meet you!"
- "Euh, Hi! My name is Allison, nice tou mite you toutou!"
(J'aurai dû rajouter "my tailor is rich and my flower is yellow" pour parfaire le ridicule de la situation)
Le jeune artiste, sympathique à souhait, débordant d'humour, nous a reçu pendant une grosse demi-heure.
L'interview, vous l'aurez dans quelques jours, le temps qu'elle paraisse sur le site d'un autre média.
En attendant, le soir, j'ai aussi assisté au concert...
Et quel concert mes amis!
Jesse Dee est une pure merveille. Et je pèse mes mots. Des rythmes
vintage,des mélodies percutantes, une voix de braise, une maîtrise titanesque. On pourrait le croire sorti d'une autre planète. Réconfortant. Il y a encore des jeunes chanteurs
américains qui n'ont rien perdu de l'héritage des anciens. Sam Cooke, Etta James, James Brown, ils sont dans le corps de Jesse Dee!! Qu'ils y restent bien!
Le concert a duré 2 heures. Deux heures de pur bonheur. Intense. Jesse a débuté son show de la même manière qu'il commence son album: Alright. T'inquiètes, on
savait qu'on allait être bien! Yet To Come, Alive & Kikin, toutes les chansons les plus péchues du disque sont sorties au début. Entre les sets, le
soulman ne manque pas d'humour, intéragissant avec le public, demandant pourquoi un cercle vide s'est formé au bord de la scène, interloquant Gaby sur son "evil look"
alors qu'elle était juste concentrée. Il nous gratifiera même d'une nouvelle chanson. Tell Me. Une jolie balade où sa voix si particulière se marrie à merveille avec les
cuivres.
Ah les cuivres! Parlons-en. Jesse Dee est accompagné par des musiciens de génie. Si lui-même est un excellent guitariste, il peut compter sur un batteur hors pair, un second
guitariste démentiel (le solo de guitare sur Around Here, c'est lui!).
Petit bémol, un bassiste très (trop?) discret à mon goût. Gaby, elle, pense le contraire: il ne faut pas trop entendre le bassiste dans un groupe. Vrai! Mais pour un groupe de rythm'n'blues, je
pense qu'un peu plus de basse n'aurait pas fait de mal aux oreilles.
Pour reparler de l'album, Bittersweet Batch, achetez-le! C'est un
bon investissement...Après l'avoir écouté, vous balancerez certainement à la corbeille toute la soupe actuelle. Il faut prendre ce disque comme une claque, une baffe pour nous réveiller! Non, le
R'N'B n'est pas mort. Non, Usher, Beyoncé et Cie ne sont pas les seuls représentants de la musique noire contemporaine. Il existe peut-être beaucoup d'autres Jesse Dee, aux USA et ailleurs. C'est
même certain!
Après 2 heures de concert, le rideau de l'AB s'est baissé. Dans les rues, les footeux hurlaient à plein poumons: y'avait foot, et les pubs anglais étaient pris d'assaut. Moi, l'oeil hagard,
j'ai repris mes deux métros avec Gaby. Dans l'auto, pour retourner sur Liège, on s'est regardée.
- "C'était bon hein?"
- "Ouais, terrible!"
Dans le lecteur CD, nous avons mis Bittersweet Batch. Même pas rassasiées...
Par A
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Publié dans : Musique
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